Haim Steinbach: Objects for People – MAC’s

Haim Steinbach: Objects for People

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17 mai 2025

Jeudi dernier, j’ai eu l’occasion de découvrir Objects for People, la première exposition personnelle de Haim Steinbach en Belgique, actuellement présentée au Musée des Arts Contemporains (MAC’s – Grand-Hornu). L’artiste, accompagné de sa compagne Gwen Smith (elle-même artiste), nous a guidés à travers l’exposition, partageant avec nous des éclairages sur plusieurs décennies de création.

Ce qui frappe d’emblée, c’est l’attention minutieuse que Steinbach porte à la mise en scène d’objets soigneusement choisis. Ces pièces viennent de lieux et d’époques variés : une méridienne de Mies van der Rohe, des jouets pour chiens achetés dans une animalerie voisine, des mannequins provenant de l’atelier Nina Ricci, des livres d’art mentionnant le nom de l’artiste, ou encore des trouvailles chinées dans des brocantes. À première vue, certains objets pourraient sembler dépourvus de valeur au sens traditionnel, relégués au rang de pop culture. Pourtant, dans l’univers de Steinbach, la distinction entre highbrow (« savant ») et lowbrow (« populaire ») n’existe pas : ce qui compte, ce sont les histoires qu’ils portent – celles de la personne qui les a achetés, créés, choisis ou intégrés au dialogue.

Nous avons tous, chez nous, des objets chargés de sens personnel : un maillot de notre équipe de sport préférée, un souvenir kitsch rapporté d’un voyage lointain, ou encore un objet de famille transmis de génération en génération. En donnant de la place à l’anonyme – qu’il s’agisse de l’employée du shop du musée, d’un adolescent ou d’un homme dont le portefeuille a été retrouvé par un membre du personnel – Steinbach permet à ces individus de devenir les commissaires de leurs propres récits. L’exposition devient alors un espace où chacun peut présenter des objets porteurs de sens intime.

Cette dynamique s’étend également aux visiteurs, qui, en dialoguant avec les œuvres, peuvent eux-mêmes endosser le rôle de commissaire, voire d’artiste, en leur insufflant de nouvelles significations. Un chapeau pointu pourra ainsi évoquer à l’un le rêve d’enfance de devenir magicien, tandis qu’un autre y verra le souvenir d’un spectacle de Broadway. C’est là toute la force du travail de Steinbach : il dépasse la figure de l’artiste seul et s’enrichit de l’interprétation du spectateur. Une œuvre qui évolue, se transforme et s’épanouit au gré des regards.

Ce qui me touche peut-être le plus dans cette exposition, c’est la capacité de Steinbach à tisser des liens entre ses créations. En passant d’une salle à l’autre, on perçoit de subtils échos reliant les œuvres – des fils tendus volontairement par l’artiste entre différents médiums, techniques et idées. Qu’il s’agisse d’assemblages, de peintures ou d’installations, tout semble s’harmoniser, laissant au visiteur la liberté de circuler et de vivre l’exposition à sa manière.

En définitive, Objects for People nous rappelle la capacité remarquable de Steinbach à métamorphoser le quotidien en art. C’est une alchimie subtile – un glissement de l’ordinaire vers le sublime – à laquelle nous avons la chance d’assister. Peut-être est-ce là l’une des missions profondes de l’art : révéler la beauté et la valeur du banal, nous inviter à regarder au-delà de la surface et à reconnaître les objets comme les porteurs de mémoires – empreints du temps, du lieu et des personnes qui les ont touchés.

Envie de plonger dans l’univers de Objects for People et de découvrir Haim Steinbach à travers des histoires et des détails qui échappent souvent au premier regard ? Réservez votre visite guidée et vivez l’exposition autrement!

May 17, 2025

Last Thursday, I had the opportunity to explore Objects for People, Haim Steinbach’s first solo exhibition in Belgium, currently on view at the Museum for Contemporary Art (MAC’s Grand-Hornu). The artist, together with his life partner and fellow artist Gwen Smith, guided us through the exhibit, offering insights into his work over the past few decades.

One of the first things that stands out to the visitor is the careful attention Steinbach dedicates to displaying a range of thoughtfully selected objects. These pieces come from diverse times and places: a Mies van der Rohe daybed, dog toys from a nearby pet store, mannequins sourced from Nina Ricci’s atelier, art books where the artist’s name appears, antique finds from thrift stores, and so on. At first glance, some of these objects may seem to hold little value in the traditional sense, often dismissed as lowbrow. Yet, in Steinbach’s world, the distinction between low and high does not stand – what matters are the stories these objects convey: the stories of who bought them, who created them, who chose them, and who brought them into the conversation.

As human beings, we all surround ourselves with objects that hold personal meaning – whether it’s memorabilia from our favorite baseball team, kitschy souvenirs from a road trip we made a lifetime ago, or a cherished family heirloom. By giving space to the anonymous – such as the museum bookshop manager, a teenager, or a man whose wallet was found by a museum staff member – Haim Steinbach allows these individuals to become curators of their own stories. In doing so, the exhibition also serves as a platform for people to display their own personal, meaningful items.

This dynamic also extends to the visitors themselves, who, as they engage with the displays, can take on the role of curator or even artist, imbuing the pieces with new layers of meaning. A pointed hat may evoke childhood dreams of becoming a magician for one person, while for another, it might recall a Broadway show they saw in New York the previous summer. That’s the essence of Steinbach’s work: it transcends the artist alone, becoming richer and deeper thanks to the viewer’s interpretation. It’s a work that grows, shifts, and expands with every new perspective.

What probably strikes me the most in this exhibition is Steinbach’s ability to weave connections between his diverse works over the years. As you move from room to room, you begin to feel subtle echoes linking one piece to another – these are the artist’s deliberate threads, connecting different media, techniques, and ideas. Whether through assemblage, painting, or installation, everything seems to flow together seamlessly, offering visitors the freedom to navigate and live the exhibition in their own way.

Ultimately, Objects for People serves as a reminder of the artist’s remarkable ability to transform the mundane into art. It’s a subtle alchemy – a shift from the ordinary to the sublime – that you are fortunate enough to witness. And perhaps this is the true purpose of art: to reveal the beauty and significance of the everyday and to encourage us to look beyond the surface of objects, inviting us to recognize them as carriers of memories – embodying traces of time, place, and the individuals who once engaged with them.

Would you like to immerse yourself in Objects for People and explore Haim Steinbach’s work through stories and details that often go unnoticed? Book a guided tour with me and experience the exhibition from a fresh perspective.

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